3 jours de trek dans le Canyon de Colca

Ce trek fait parti des destinations cochées depuis notre projet de voyage, un incontournable ! J’avais récolté pas mal d’informations dessus, en revanche très peu de témoignage de famille (à vrai dire, un seul !!), l’occasion idéale de lancer un nouveau défi sportif aux 10 Pieds !!

Initialement nous pensions prendre un bus en direction de Cabanaconde (point de départ du trek) pour dormir sur place et démarrer tôt la première journée. Finalement on a tout changé pour éviter de se taper une journée dans le bus avant de démarrer la marche. On a voulu du hard, nous avons été servis…

18/09/2018 Arequipa – Cabanaconde en bus + Cabanaconde – Llahuar

Le réveil sonne à 3h00 puisqu’à partir de 3h15 un bus doit venir nous chercher. Le trajet devrait ainsi passer plus vite ! Juste le temps de boucler un dernier sac pour le mettre en consigne et nous attendons. Nous attendons longtemps… Nous attendons dans le noir et dans le froid de l’accueil de l’auberge. Finalement le bus passera à 4h30 car il faisait le tour des hôtels pour récupérer les autres randonneurs… Pffff, 1h30 de sommeil de perdue…

Quand on monte enfin dans le bus, les seules places disponibles sont à l’arrière, pas vraiment bon signe pour les enfants ! Car les premiers rangs sont occupés par des sacs, et les suivants par une seule personne souvent allongée sur 2 sièges. Mais rapidement le bus se remplit, les sacs sont rangés et les feignasses allongées depuis le départ se mettent assises !

Il est 4h45, on est ko, on a froid, et on se retrouve au fond du bus pour 6h de route à cause d’imbéciles qui pensaient avoir un bus privé… Oui, on est super zen !!! 😉 Ah oui, la composition du bus… : 30 places, que des jeunes de moins de 30 ans et nous … Nous sommes (déjà !) regardés comme des OVNIS (enfin, par ceux qui ne dorment pas !!)

Quand ce n’est pas Clémence qui est malade c’est Baptiste qui prend le relais, trajet agité pour Aurélie qui s’en occupe à l’arrière. Et ce n’est pas dans un bus qu’on peut terminer sa nuit paisiblement comme nous l’avions naïvement pensé !! Après un stop pour le petit déj au cours duquel personne ne mange (au moins s’il n’y a rien dans le bide on n’est pas malade !! 😊), le bus s’arrête pour déposer les premiers randonneurs qui n’ont pas le même point de départ que nous. Et surprise, quasiment tout le bus descend sauf nous 5 et 3 toulousains.

Et tous, absolument tous, ont pris un guide, même les 3 toulousains qui démarrent, comme nous, de Cabanaconde où nous arrivons vers 9h30, avec donc une grosse demi-heure de retard sur le timing. 30mn pour certains ce n’est rien du tout, mais pour les 10 Pieds ça veut dire beaucoup, surtout quand le soleil tape fort !

Donc je résume la situation : nuit très courte, trajet agité et pas de guide ! Après nos petites difficultés d’orientation, voilà un trek qui sent bon l’aventure !! 😊

Le guide des toulousains semble perplexe quant à notre présence, enfin, surtout celle des enfants : douterait-il de nos capacités physiques ? 😉 Toutefois il nous sera d’une aide très précieuse pour nous mettre sur le chemin. Car oui, il faut le dire, entre la dépose du bus en plein village et le début de la balade, ce n’est pas super bien indiqué.

Au départ nous pensions les suivre de loin pour éviter de nous perdre trop rapidement, mais gentiment il nous a proposé de le suivre. Une fois que nous sommes lancés il nous conseille de suivre toujours le chemin, et de faire bien attention avec les chicos (les enfants, pas nos dents hein !!!). Et c’est parti en direction de Llahuar que nous apercevons tout en bas…

  

 

Nous attaquons une très forte descente où l’ombre ne fait pas partie du paysage sublime. Pendant de longues heures nous allons en prendre plein les mollets, mais qu’est ce que c’est beau ! Notre réserve d’eau descend très très vite. Nous avons la chance d’être survolés par 3 condors, ça fait bien plaisir. Nous progressons dans un paysages très sec, où les cactus sont bien présents, en faisant toujours bien attention où nous posons nos pieds : au moindre écart la balade se terminerait plus rapidement, mais en mauvais état au fond du canyon !

  

  

Vers 15 heures nous arrivons au petit village de Llahuar composé de 2 ou 3 maisons. Le choix de logement est donc assez réduit. On opte pour 2 petits bungalows très sommaires. Au bout de 10mn j’étudie une autre option : les murs de bambou laissent passer l’air et au moindre coup de vent il risque de faire bien frais. Finalement 2 autres bungalows avec des murs de planches, on sera un peu mieux isolés !!

   

Ensuite nous faisons tous un plouf dans les sources chaudes. Pour garder un peu d’intimité ces photos sont censurées, mais un bon bain chaud après cette marche en pleine chaleur ça fait du bien ! Les douches sont censées être bien chaudes… Je passe après Alban et surprise, elle est absolument glaciale !! Je lui demande s’il n’a pas eu froid et il me répond tout content : « non c’est trop bien, c’est comme aux scouts !! »…

Le soir il n’y a pas d’électricité (j’avais bien dit que les conditions étaient sommaires !) et nous nous retrouvons dans la salle commune en attendant le dîner. Les garçons jouent aux constructions alors que j’initie Clémence aux échecs, ça leur fait beaucoup de bien de se détendre un peu. Le dîner est ensuite très light mais ça fera l’affaire jusqu’à demain.

 

19/09/2018 : Llahuar – Sangalle

Journée spéciale aujourd’hui puisque c’est l’anniversaire d’Aurélie… Mais qui n’a jamais rêvé de passer son anniversaire coupé de tout et à marcher toute la journée dans le canyon le plus profond du monde ??? 😉 Bon, l’avantage c’est que l’étape du jour est censée être plus soft que le veille. Après un petit déjeuner léger nous nous mettons en marche vers 8h.

Avant de partir nous remplissons nous gourdes d’eau du robinet pour y mettre nos pastilles micropur. Au fond du canyon l’eau est hors de prix et c’est l’occasion de tester les pastilles.

Le moins que l’on puisse dire c’est que l’étape du jour démarre fort : alors que je pensais suivre la route je vois un couple d’allemand prendre à travers champs… Et devinez quoi ? On les a suivis bien sûr… Sauf qu’ils sont sportifs et entraînés, donc en moins de 10mn on ne les voit plus. On ne se débrouille pas trop mal et au seul moment de doute un paysan nous indique la bonne direction.

Ensuite nous avons la chance de tomber sur un groupe de 3 américains et 1 italien qui ont une carte bien plus précise que la notre. Heureusement pour nous la fille du groupe va au même rythme que Baptiste (mais un chiquito en forme ça va vite hein ???) ce qui nous permet de ne pas nous faire décrocher tout de suite.

Lors de la traversée d’un hameau 2 chiens se mettent à nous acclamer bruyamment. Tout le groupe passe et je ferme la marche avec Alban et je vois le petit clebs (il ne m’inspirait pas confiance celui-là !) qui nous fonce littéralement dessus ! Je lui hurle dessus et il se stoppe à quelques dizaines de centimètres. Aurélie s’interpose avec son bâton mais ça l’excite davantage (en Equateur c’était efficace !). Nous devons notre salut à l’américaine qui se saisit d’une pierre pour le menacer ! ça le calme, nous poursuivons notre route mais Alban est un peu sonné !

Nos routes se séparent un peu plus loin, on n’a pas trop envie de se rajouter 200m de dénivelé pour le plaisir de les suivre. Nous longeons donc la route pour quelques kilomètres avant d’entamer une descente particulièrement violente. Ça dérape, ça glisse, et au moindre pied mal assuré on finit 600m plus bas. Ok, on a hâte d’aller se baigner dans l’oasis, mais en un seul morceau !!

A l’issue de cette première descente nous faisons une pause avant d’enchaîner avec la descente finale vers l’oasis où nous arrivons vers 13h. Afin de trouver une chambre qui nous convient nous allons voir 2 hébergements et atterrissons au Paradisio Lodge… Et ben croyez-moi, le paradis, ce n’est pas donné : 40NS par lit, repas à 20 NS… On discute et on parvient à avoir une chambre quadruple avec douche privé à 80NS, dans laquelle ils vont même rajouter un lit pour Baptiste ! On s’en sort pas mal quand ont voit que nos voisines ont déboursé 41$ à 2 pour une chambre double (je vous laisse faire les conversions, c’est un très bon exercice !! 😉)

L’après-midi se passe au bord d’une petite piscine bien fraîche. Aurélie papote longtemps avec Martine et Gigi, 2 sœurs du sud de la France qui parcours l’Amérique du sud pendant 2 mois.

A l’apéro elles nous apprennent un petit jeu de dé qui nous sera bien utile dans les prochaines semaines : le 10000.

A l’heure du repas on se régale : le poulet est cuit dans une immense cheminée au feu de bois. On a bien chaud, l’ambiance est très bonne et on a le ventre bien rempli : ça tombe bien car demain nous n’aurons pas le temps de prendre de petit déjeuner avant de démarrer la montée !

 

20/09/2018 : Sangalle – Cabanaconde + Cabanconde – Arequipa en bus

Quand ça sonne à 3h30, la motivation n’est pas intense, on a tous envie de rester sous les couvertures bien chaudes, dehors il doit faire 8°, et à l’intérieur pas beaucoup plus puisque nous dormons avec beaucoup d’ouvertures. Je ne sais pas si c’est une technique de ventilation mais les fenêtres qui ne ferment pas (quand il y en a !) et les trous dans le toit c’est assez original ! En 20mn nous sommes habillés et les sacs bouclés et c’est parti.

Il fait nuit noire, pas un bruit. On croise 2 jeunes françaises courageuses qui partent à la même heure. Nous sommes absolument seuls. Au bout de 10mn on a déjà bien chaud, les polaires sautent. Les 2 françaises nous rattrapent et nous leur proposons de les laisser passer mais elles déclinent notre proposition car elles préfèrent qu’on soit devant…L’avenir leur donnera raison : nous ne les avons pas revues ! 😉

Vers 4h30 des dizaines de petites lumières se mettent en marche, nous les distinguons au loin. Nous ouvrons donc le chemin à ces dizaines (centaines ?) de randonneurs d’un jour ! Le rythme est très bon et surtout Baptiste a compris qu’en montée il valait mieux se taire. Forcément, nous progressons moins vite car le sentier est glissant et il y a un grand trou noir à côté de nous, c’est juste le vide !

A 5h30 le jour se lève et nous commençons à être rattrapés (hey, on n’a jamais cru arriver en haut avant tout le monde quand même ! 😉) ce qui casse énormément le rythme. Mais pas autant que le passage des mules qui nous obligent à nous arrêter en plein effort en nous prenant de la poussière plein la tête ! A ce petit jeu c’est Alban qui se fatigue le plus vite (à sa décharge il porte un sac depuis le début du trek) alors que Clémence carbure et nous avons peur qu’elle finisse par craquer car elle speede et nous attend sans cesse, le genre de rythme qui épuise !

    

Les toulousains et leur guide nous rattrapent et nous doublent à leur tour : le guide est bluffé par les enfants et les encourage. Désormais les mules qui montent sont chargées de randonneurs qui craquent et abandonnent la montée, ce qui booste davantage les kids à aller jusqu’au bout.

Quelques minutes plus tard, et à l’issue de 3h pile de montée très violente nous touchons au but, l’ascension est terminée ! La deuxième partie a été douloureuse mais la joie de chacun est au même niveau que la fatigue : énorme !

      

Les toulousains et leur guide nous attendent et nous proposent d’aller prendre le petit déj ensemble (ah oui, les 1200m de dénivelée le ventre vide ça faisait partie du défi !!). Evidemment on n’a rien réservé et l’endroit est déjà full pour la matinée.

Mais le guide ne nous laisse pas tomber et insiste pour que les enfants puissent manger : il argumente et va lui-même chercher du pain pour les enfants ! Juste un super gars !

La suite de la journée est moins palpitante :

  • attente du bus de retour pendant 1h15 (encore du retard !),
  • arrêt ultra touristique pour voir 2 alpagas et 1 condor (Alban et Baptiste iront même jusqu’à le prendre sur le bras !),
  • arrêt à des termes où nous trouvons que l’entrée à 15 soles par personne pour 1 seule heure sur place est super abusé (on se contentera de barboter dans le torrent voisin, ce qui nous évite aussi d’être speed pour mettre tout le monde en maillot et se rhabiller sans rater le départ du bus !),
  • un dernier passage sur un mirador à 4950m pour y voir le volcan qui fume et
  • un déjeuner où on a frôlé l’arnaque : le bus nous amène dans un endroit absolument perdu dans lequel il n’y a qu’un resto avec un tarif unique à 30 soles par personne ! Non mais sans blague ! Evidemment on discute et on s’en tire pour 40 soles pour nous 5 ! Tout de suite ça va mieux !! 😉

   

Nous rentrons ensuite sur Arequipa (encore 3 heures de bus…) où nous allons passer une journée off. Il va falloir reposer les mollets avant de prendre la direction de Cusco où de beaux sentiers nous attendent !

D’ailleurs les enfants nous ont demandé quand était le prochain trek… Je les soupçonne d’avoir compris qu’en randonnée on ne pouvait pas emmener le matériel scolaire !!! 😉

21/09/2018, journée off entre un trek incroyable et notre départ vers Cusco

Malgré la fatigue accumulée des derniers jours, nous sommes tous sur le pont entre 6h30 et 7h, comme si nous avions tous envie de profiter pleinement de cette dernière journée à Arequipa. Car, si le démarrage a été gâché par le vol du téléphone, ça reste une très belle ville dans laquelle nous nous sentons bien.

Pendant toute la journée nous nous promenons dans les ruelles. Il faut aussi refaire les sacs et surtout une lessive, car en général, après un trek, ça sent un peu le fauve !!

Rodolfo passe nous dire au revoir car il doit s’absenter et ne sera pas là quand nous partirons. Il nous a été d’une précieuse aide lors de l’organisation de nos différentes activités et donne des tonnes de conseils utiles. Si vous avez l’occasion de passer à Arequipa n’hésitez pas à loger dans son auberge (à 7 mn de la place) qui est d’un très bon rapport qualité/prix.

En fin de journée nous prenons la direction du terminal de bus. Malgré les bouchons nous arrivons bien en avance car nous avions de la marge. Ah oui, pour pouvoir embarquer dans le bus il faut s’acquitter d’une taxe de 3 soles par personne pour « utilisation du terminal »… La blague : c’est sale partout, les toilettes sont payantes et sans papier ! Mais pas le choix, il faut bien aller à Cusco alors on paie !

C’est notre premier bus de nuit. Nous avons opté pour des sièges inclinables à 160°, c’est plutôt confortable. Nous sommes 12 à l’étage inférieur et rapidement nous sommes bercés par les virages et ralentisseurs (ah ils aiment les ralentisseurs nous amis péruviens !!).

Bonne nuit, et nous nous retrouvons à Cusco au petit matin !

Cyrille

 

***Informations pratiques pour ce trek***

Départ : Cabanaconde (6 heures de bus depuis Arequipa)

J1 : Cabanaconde > Llahuar : 5 heures avec les pauses
Nuit au Llahuar Lodge (1er hébergement dans lequel nous arrivons par le sentier) : 2 petites cases avec 3 lits chacune, négociées à 100 soles avec salle de bains commune (aucune chambre avec salle de bain privée).

J2 : Llahuar > Sangalle : 5 heures avec pauses… Vaut mieux avoir une bonne carte pour s’orienter.
Nuit au Paradisio Lodge : chambre quadruple avec salle de bain privée négociée 80 soles. Très bons repas

J3 : Sangalle > Cabanaconde : 3 heures de montée très violente, uniquement de la montée, jamais de moment de plat ou de mini descente (certains le font en 6 heures, d’autres finissent à dos de mule). Partir extrêmement tôt pour éviter le cagnard…

Les repas sont hors de prix (tout est acheminé à dos de mule), donc prévoyez quelques provisions (repas : 20 soles) et surtout de l’eau ou des pastilles (boissons 10 soles,…)

 

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8 commentaires sur “3 jours de trek dans le Canyon de Colca”