On a marché sur le Chimborazo

26/08/2018

Il a encore plu une bonne partie de la nuit… Décidément la ville de Baños est bien humide ! Au réveil, Océane et Oscar viennent nous dire au-revoir. Après 2 jours passés ensemble nos chemins se séparent, ils vont remonter vers le nord alors que nous poursuivons notre descente. Premier petit coup de blues pour Baptiste, il en aura d’autres au cours de ce voyage !

Nous prenons ensuite la route du terminal pour prendre un bus en direction de Riobamba : contrairement à ce que ce nom peut laisser supposer nous n’y allons pas pour nous prélasser sous les cocotiers ou y danser la samba (ok, un peu facile celle-là !!), mais pour essayer de marcher dans le Parc National du Chimborazo. Le trajet d’une heure en bus local est rapide et tout se passe plutôt bien, enfin, sauf pour Baptiste, chacun son tour !! ☹

Arrivés à Riobamba, nous allons directement à un logement indiqué par Sarah et Xavier, couple belge rencontré sur la Quilotoa Loop puis recroisé à Baños, en face du terminal terrestre : nous allons rester peu de temps dans cette ville et ne souhaitons pas perde de temps dans nos déplacements. Nous n’avons pas réservé mais sur booking il restait de la place. Après la visite de 2 premières chambres nous optons pour une chambre familiale au RDC. Elle est grande et spacieuse avec 4 lits, ça devrait faire l’affaire !

Nous préparons ensuite la journée du lendemain : on a loupé de peu le Parc du Cotopaxi suite à de mauvais renseignements, le Chimborazo ne nous échappera pas. Plusieurs refuges et points de départs, et la proprio de l’hébergement nous guide beaucoup dans notre réflexion et nous propose que son fils nous emmène. C’est forcément plus cher mais, pour le coup, on trouve cette proposition intéressante : cela nous permet de partir plus tard, d’aller plus vite que le bus et d’être plus confortable, et surtout le fils nous accompagnera sur le chemin ou pourra rester avec l’un des enfants si l’un d’entre eux ne se sent pas bien. Car oui, nous serons en haute altitude, probablement au-dessus des 4800m donc on ne va pas rigoler !

Le soir nous retrouvons Sarah et Xavier : eux, ils parcourent le monde depuis déjà 1 an, il leur reste 4 mois en Amérique du sud et ils crapahutent partout ! Ils partiront 2 heures avant nous en bus local et débuteront leur rando à 4300m.

De notre côté, la voiture nous accompagnera jusqu’à 4800m au premier refuge où nous débuterons notre montée. Oui, ok, on n’a pas démarré notre rando à 4300m mais notre objectif n’était pas de marcher pendant 6 heures en haute altitude (on n’y serait pas arrivés !!) mais de voir comment nous pourrions réagir sur une courte randonnée à environ 5000m !

Au moment de nous coucher nous espérons fort que les conditions climatiques soient favorables car de la pluie est annoncée…

27/08/2018

« Dans la famille des nuits pourries je demande la championne du monde » : bonne pioche !!! On l’avait pourtant lu sur booking : « chambre bruyante ». On s’était dit qu’avec la fatigue on n’entendrait rien ! Et ben on aurait dû croire les commentaires booking !! Pendant toute la nuit klaxon, alarmes, musiques, accélération de dingue, tout y passe sans aucune pause ! Impossible de fermer l’œil. J’en profite pour papoter via whatsapp ou messenger (merci les copains de m’avoir tenu compagnie pendant cette longue nuit !). Mais ils dorment quand les équatoriens ??

Au réveil, nous avons une toute petite mine et hésitons à annuler. Le temps est correct et le calendrier ne nous permettra pas de reporter cette rando. On prend sur nous et préparons les sacs…..après avoir demandé une autre chambre pour le soir !

Malgré sa chambre pourrie la proprio est adorable et nous donne des remèdes à base de plantes pour éviter le mal des montagnes. Elle nous prépare également, toujours dans l’objectif d’aider notre corps avec l’altitude, un thermos d’eau chaude avec de la menthe et de la cannelle : on met toutes les chances de notre côté !!

C’est donc José Luis, le fils de la proprio, qui nous emmène : le trajet est super sympa car il a étudié le français à l’Alliance française : il me parle en français et je lui réponds en « frangnol ». Mon espagnol reste très approximatif, mais ce petit cours improvisé a été très sympa ! L’avantage d’être en voiture perso c’est qu’on fait quelques stops non prévus pour faire des photos.

Chimborazo Chimborazo

Nous arrivons à l’entrée du Parc à 4300m et continuons notre route après nous être enregistrés. Les 30mn suivantes sont de la piste, ça tangue de tous les côtés et ça fait plutôt marrer les enfants.

Nous arrivons à 4800m en même temps que nos amis belges qui, eux, ont déjà 2h de marche dans les pattes ! Ok, on est des petits joueurs, mais vu l’état de fatigue de Sarah c’était la bonne option nous concernant (et oui, ça nous arrive de faire les bons choix !!! 😉 ) Il fait bien frais et nous enfilons les bonnets que José Luis nous a emportés avec lui sans qu’on lui demande, il est vraiment adorable ! Bon allez, on ne vous cache rien et le ridicule ne tue pas : pour la petite histoire, nous avions prévu d’acheter des bonnets au Pérou ou en Bolivie. En l’absence de ce couvre-chef bien chaud, nous avions glissé…..nos bonnets de bain (achetés à Baños pour aller aux thermes) dans nos sacs, en espérant qu’ils nous protègent du froid !!! Ouf, on n’a pas eu besoin de les sortir, merci José Luis !!! 😊

Chimborazo Chimborazo

Après le briefing des enfants (avant chaque balade en altitude on leur demande de ne pas courir et de parler le moins possible !) nous nous mettons en route : il n’y a que 200m de dénivelé mais à cette altitude nous n’avons que 50% d’oxygène. Alban et Clémence partent bien (peut être un peu trop ?) alors que Baptiste souffre rapidement (c’est peut-être psychologique suite à nos mises en garde ?). Même les premières vigognes que nous croisons ne lui donnent pas la pêche…

Chimborazo - avant de commencer à grimper .. Chimborazo

Chimborazo Chimborazo

Chimborazo - vigogne Chimborazo - vigogne

Chimborazo Chimborazo

Chimborazo Chimborazo

Chimborazo Chimborazo

Chimborazo

A mi-chemin la pause fait du bien à tous. Nous progressons petit pas par petit pas, centimètre par centimètre, chaque accélération est sanctionnée par un essoufflement voire un vertige.

Après la pause c’est Clémence qui est en difficulté alors que j’ai pris Baptiste, qui devient de plus en plus pâle, avec moi. Après quelques minutes j’aperçois de loin Xavier qui a pris Clémence sur son dos : il a 2h30 de marche dans les pattes à plus de 4300m et il prend 20kg de plus sur le dos : je suis bluffé !

Nous nous arrêtons de plus en plus souvent, Baptiste est KO et à mon tour je me transforme en mule, José Luis me déchargeant de mon sac à dos. Ces derniers mètres sont usants, le refuge est en ligne de mire mais semble inatteignable.

Alban qui avait fait une excellente montée arrive également à bout de force. Quelques pas plus tard, et avec une forte émotion intérieure, nous touchons au but : nous sommes tous les 5 au second refuge à 5000m d’altitude, soit plus haut que n’importe quel sommet en Europe !

Chimborazo Chimborazo

Après une pause bien méritée nous sommes tous gagnés par les maux de tête et Baptiste de vomissements (sympa l’ambiance hein ??). Heureusement qu’Alban n’est pas ado car il ne comprendrait pas bien l’intérêt de marcher pendant 3 heures pour se chopper un mal de crâne et vomir, autant boire un bon coup sans se fatiguer !!! 😊😊

Chimborazo Chimborazo

J’ai très envie d’accompagner Xavier à la lagune située à 5100m et nous mettons en route pendant que les enfants se reposent au chaud. Cette « montée bonus » est très agréable : nous avons le même rythme, très lent, et ne parlons pas. Nous arrivons rapidement à l’objectif : une petite flaque rougeâtre, maigre récompense… !! Malgré la fatigue nous sommes juste super contents. On ne se connaît pas mais on se comprend ! Quelques selfies et un bon coup de vent glacial plus tard, nous démarrons la descente pour retrouver le reste des troupes !

Chimborazo ChimborazoChimborazo Chimborazo

Chimborazo

Une fois au refuge ce dernier est vide ! On aperçoit au loin que Sarah, Aurélie, José Luis et les enfants ont préféré redescendre. Nous nous mettons en route pour les rejoindre, toujours en jetant un œil au volcan car le paysage change toutes les 2 minutes en fonction des nuages et de l’éclairage, c’est superbe, nous essayons de prendre LA photo !

Arrivés au point de départ nous prenons quelques photos souvenirs (malheureusement la photo à 5000m a été zappée).

Chimborazo Chimborazo

Les enfants, pas vraiment remis préfèrent qu’on aille déjeuner en ville (nous prendrons nos sandwichs dans la cuisine de l’hébergement !), nous nous remettons donc en voiture alors que nos warriors belges démarrent leur 2 heures de descente à pied !

Ils nous retrouvent au logement, où nous passons encore un très bon moment. Les enfants ont retrouvé la méga pêche (pas nous !!) et nous choisissons une bonne pizzeria pour redonner des forces à tout le monde : ici les pizzas familiales sont juste énormes et une pour 5 suffit largement.

Chimborazo - pizza du soir

Alors que nous nous couchons dans nouvelle chambre (sans le bazar de la veille !), Sarah et Xavier vont au terminal prendre un bus de nuit pour rejoindre la côte. Ils redescendront ensuite le Pérou et la Bolivie, nos chemins devraient donc se recroiser et ce sera avec plaisir !

Cette étape volcanique et éprouvante est déjà terminée, elle valait le détour ! Cap au sud en direction de Cuenca avec un trajet de 6h à travers les montagnes. On s’en réjouit d’avance ! 😉

A bientôt !!
Cyrille

 

 

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

9 commentaires sur “On a marché sur le Chimborazo”